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Nicolas Dufournet

Nicolas Dufournet

Fondateur / ingénieur du son / réalisateur

Premiers enregistrements ?

J’ai acheté une basse en 1980, une copie japonaise Precision. A l’époque je ne savais pas où on pouvait en acheter, et c’est le gars qui repeignait l’appartement de mes parents qui me l’a dénichée. Je l’ai toujours, elle a exactement le son de Young Marble Giants. J’ai démarré le home studio en 83 avec un 4 pistes K7 Fostex, le noir et orange, qui finira en ruine sur 2 pistes. Mon frère avait un SIEL Orchestra, un string machine italien bon marché, un ami m’avait donné sa copie strat de gaucher que j’ai sciée en forme de poire, j’avais acheté un SM58 et une boîte à rythme de poche à peine programmable, la Sound Master SR88. J’ai dû faire quatre K7 de morceaux la première année avec ce set up. Un jour, un stagiaire au studio m’a dit; tu as un avantage sur nous, c’est que tu as grandi avec uniquement 4 pistes. Je ne m’étais jamais rendu compte que de pouvoir revenir en arrière et de se laisser toujours le choix entre plusieurs idées n’aide pas ceux qui démarrent, car finalement ils n’arrivent pas à fabriquer d’erreurs pour se construire. Aujourd’hui même si les machines nous donnent le choix, il faut rester vigilant à n’enregistrer que ce qui produit du sens immédiatement.

Premiers groupes ?

En 1982 après avoir joué dans un groupe punk (Abject) qui finira par s’illustrer sur une compilation, je rejoins le groupe OUI OUI en prenant conscience qu’ils arrivaient à délivrer la même énergie mais avec des mélodies beaucoup plus libres. Le premier morceau s’appelait I am the King King King King King !

Premiers studios ?

Oui Oui avait été invité sur la compilation Sang neuf en 89 au côté des Négresses vertes et de La Mano. Enregistrement à Davout et mixage à plus XXX. On était vraiment pas préparé à ça et le résultat final est le moins bon qu’on ait jamais réalisé. La même année, nous partons enregistrer notre premier album au studio Conny Plank (Kraftwerk, Devo, Eno) et je suis à la fois surexcité et déçu que tout aille si lentement. Fatigué de devoir lutter contre les habitudes des ingés, je me rappelle qu’on fabriquait des panneaux de limitation qu’on posait sur la console devant l’ingénieur du son pour calmer ses ardeurs de reverb. Néanmoins, l’idée de faire ce boulot m’effleura l’esprit et je compris qu’un ingénieur du son devait agir comme un révélateur, un accoucheur des idées des artistes. De retour en France, je voyais la différence qu’il y avait entre les studios où l’on s’amusait parce qu’il y avait un parc d’instruments marrants et ceux qui étaient faits pour impressionner le client avec des plantes exotiques et des consoles longues comme un TGV. Pour moi un studio c’est un lieu où on joue dans tous les sens du terme. Sans perdre de vue qu’on joue au final avec les oreilles des autres, ceux qui nous écoutent !

Démarrage de ton studio ?

Après avoir passé trop de temps dans la pub (Publicis) et les maisons de disques (Virgin, Source), je monte mon premier studio en 2004 à Montreuil, un ancien garage de tuning de karts, puis en 2006 je reprends l’actuel studio que je baptise Melodium en hommage à la marque de micro française, après être tombé sur une paire de 42B.

Contact info

  • Téléphone :+33 (0)6 62 87 33 48
  • E-mail :melodiumstudio@free.fr

Biogaphie

Nicolas Dufournet, a joué comme bassiste au sein du groupe OUI OUI (Etienne Charry, Michel Gondry, Gilles Chapat) et a enregistré de nombreux albums pour Tricatel en tant qu’ingénieur du son. On le retrouve aussi en tant qu’artiste sur la première compilation du Label sous le nom de Moderato.
Il a monté en 2004 le studio d’enregistrement Melodium en proposant ses « Classics Sound Techniques » et a vu passer quelques figures du paysage musicale français. Pour lui, le son n’a d’intérêt que lorsqu’il est porté par la démarche de l’artiste. « Je me sens plus un ingénieur du cerveau que du son« .
Sa devise consiste à jouer avec les oreilles de l’auditeur en gardant à l’esprit d’utiliser le minimum de voltage pour un maximum d’illusion.