Classic Sound Techniques

studio melodium : classic sound techniques, c'est quoi ?

Classic Sound Techniques, c’est quoi ?

Les classic sound techniques sont des enchainements de choix techniques et artistiques qui permettent d’arriver à une esthétique musicale. Cela implique des dizaines de manipulations pour réaliser une idée qui en apparence a l’air simple, faire le son Motown, ou le son Radiohead, ou le son de batterie de Bonham. Ces recettes concernent aussi bien le choix des instruments et la façon de les jouer que leurs prises de son et leurs traitements (dynamique-égalisation-espace-modulation). Il existe des centaines de combinaisons, d’astuces, d’ersatz, de subtilités rien qu’à la prise de son.
Nous mettons ces techniques au service des idées des artistes qui souvent nous poussent à innover !

On pourrait écrire un traité de sound techniques mais personne ne s’y est aventuré car la musique connait systématiquement des entorses aux règles dès qu’on veut la mettre en équation, ce qui fait le sel de notre métier !

studio melodium : Photo Tape recorder Otari MX 7800 / 1 inch / 8 tracks

Tendre vers une émotion

Il y a de nombreuses techniques qui ont été développées au cours des 50 dernières années pour façonner un son. Nous avons parcouru un bon paquet de livres, de doc techniques, et d’interviews de réalisateurs et de musiciens, mené des milliers de conversations sur des sujets pointus de studio avec des ingénieurs du son et des musiciens depuis une quinzaine d’années.

Mais nous avons surtout essayé des quantités de combinaisons (instrument-micro-placement-préamp-traitement) et avons beaucoup appris des ingénieurs du son qui sont venus au studio. La difficulté n’est pas de faire une chose bien, mais que l’addition de toutes les étapes permette d’arriver au dessin final, et surtout permette d’arriver à produire l’émotion que l’artiste cherchait à créer. Au-delà des techniques de reproduction du son, il s’agit d’être attentif à ce qui nous émeut et d’être capable de repérer en un clin d’œil ce qui fait le son.

Le son précède t-il la composition ?

La culture du son aujourd’hui est tellement omniprésente et les outils de plus en plus instinctifs que les artistes pensent à un son global avant d’entendre une musique, qui va guider leur composition en terme de choix d’instruments, de type d’accords, de mélodie, de tempo, de beat. Mais une fois la compo structurée et enregistrée, on parlera de son forcément, cette fois de façon chirurgicale précisément sur chaque instrument.

studio melodium : Où est les réalisateur ?

Où est le Réalisateur ? c’est l’ingénieur !

Aujourd’hui, combien de sessions de studio se font avec un réalisateur ? Une sur dix.
Très souvent l’artiste n’a pas conscience de l’importance du réalisateur et pense qu’il va pouvoir faire ce travail tout en jouant, ce qui est dans la réalité quasi impossible à faire.
De fait c’est souvent l’ingénieur du son qui prend ce boulot en charge, ce qui n’a pas de sens s’il ne connaît pas le projet. Et dans le cas contraire, le danger est qu’il se focalise sur la technique en oubliant l’artistique ou l’inverse. Seul des ingénieurs très entrainés peuvent assurer les deux.
L’idéal est de travailler avec un réalisateur à part entière, qui fasse part de sa direction artistique depuis le canapé, s’assurant à tout instant que le son correspond bien à sa vision. L’ingénieur est totalement à son service et il doit être critique et force de proposition.

studio melodium : control room

80% du son… sans l’ingénieur du son !

Le son est un peu le costume de la composition, à la fois une matière, une forme, une couleur. Il se trouve d’abord imaginé dans nos têtes, puis on met en place une chaîne d’éléments pour y parvenir. Bien entendu il arrive qu’un accident produise un son magnifique et je suis le premier à le considérer lorsque cela arrive.

Réaliser un son, c’est d’abord le choix d’un instrument, le choix de qui va le jouer, puis comment on va le jouer, comment on règle l’instrument et à quelle distance on va le prendre. Avec tous ces paramètres, le son est défini à 80%. Pourtant toutes ces choses c’est le réalisateur qui en prend la décision. L’ingénieur ne fait que prolonger l’idée du réalisateur en choisissant un micro, son placement, et un préampli.
Certains me diront oui mais la reverb, le délay ou la modulation ? Réponse: c’est un traitement très important que l’on enverra dans les casques mais on enregistrera toujours la source sans effet et on pourra aussi enregistrer l’effet comme référence.

On trouve beaucoup de littérature sur le choix du préampli, de l’EQ et du compresseur, mais ces choix sont peu constitutifs du son par rapport aux décisions citées au-dessus. En théorie, si on a le bon micro, un bon placement, sur le bon instrument bien réglé, on a pas besoin d’EQ. Quant à la dynamique voulue, tant que l’on a pas une idée très précise du projet, mieux vaut laisser le naturel.

studio melodium - Amplis

Le gros son

Souvent les artistes pensent qu’il faut le gros son et que ce gros son est très difficile à obtenir. De notre point de vue, il est relativement simple à obtenir et surtout il n’est pas nécessaire pour tous les projets. Techniquement, le gros son est le résultat de l’addition de plusieurs micros placés à des points de vue complémentaires. Généralement on additionne l’attaque (souvent appelée transitoire), le corps (quand l’énergie est stable et à son maximum) et la résonance (l’énergie rendue par la pièce). Ce qui oblige à bien maîtriser la phase sous peine d’obtenir l’inverse de ce que l’on cherche à faire. Ce découpage est bien entendu très variable selon les instruments et est ici décrit dans un monde parfait.

Puis ces sons seront combinés entre eux et devront donc s’additionner au même moment en essayant de ne pas insister sur un groupe de fréquence, ce qui va maximiser la dynamique. Il est tentant de répéter le plus possible cette règle qui amènerait rapidement à remplir chaque silence d’une grosse dynamique, amenant la musique proche du bruit blanc, zéro db sur toutes les fréquences, une sorte de souffle très insistant, sans aucun relief !
Le danger est donc d’oublier qu’il faut des accalmies et des bourrasques pour sentir une tempête. Bref pour donner l’impression d’un gros son, il faut des petits sons, ou plus simplement des zones calmes. Le son en enregistrement, c’est d’abord une limite, celle du zéro db. En revanche dans le monde de la musique jouée en acoustique, il n’y a pas de limite, on peut toujours rajouter un ampli, cogner plus fort, rajouter un musicien etc. à l’infini.
Dans l’enregistrement, nous sommes dans un monde fini, où les mouvements d’énergie évoluent dans un cadre à trois dimensions: la dynamique (énergie), la couleur (les fréquences), l’espace (le temps et la stéréo).

Le gros son n’est donc possible que si les musiciens se répartissent parfaitement les rôles et sont parfaitement synchronisés. Ce qui en jargon de musicien veut dire : “on a trouvé notre son (notre identité musicale) et on joue en place”. Ça c’est la base pour avoir le gros son. Ensuite il suffit d’additionner les micros aux bons endroits (attaque, corps, résonance), d’ajuster les fréquences et la compression, éventuellement des gates et des reverb. Et ça fait du gros son bien épais. Ce n’est pas de la magie c’est du bon sens !

studio melodium : Faire un chaud son

Le son chaud

Pour les européens le son chaud est synonyme de rondeur, de douceur, et est donné par le bas médium (les syllabes nasales par exemple comme on, an, ou, etc.). Ces fréquences autour des 250 hz se retrouvent dans presque tous les instruments et apportent de la rondeur. Pour les japonais ce sont les aigus qui apportent de la chaleur !

Pour nous un son chaud n’est pas lié à son timbre mais à son caractère instable qui lui confère un aspect joliment dégradé, on parle souvent de grain, de fragilité. Prenez une photo, gelez là sur l’écran. Prenez la même photo et filmez là. Comparez, l’une est morte, l’autre est vivante. C’est la différence entre le transistor et les tubes, entre le digital et l’analogique, entre un cd et un vinyle, entre une programmation de drum et un vrai batteur etc. Mais le monde du numérique maîtrise presque à la perfection la reproduction des comportements du monde analogique. S’il reste encore quelques zones à améliorer, ce sera fait d’ici peu. Nous sommes encore en train d’apprendre à nous servir de ces outils au comportement artificiellement aléatoire. Peut-être qu’un jour on achètera une version de pro tools non stable qui s’userait comme un magnéto… Maintenant sur les plugins haut de gamme, il y a bien un bouton qui s’appelle Analog qui émule un souffle de console ou un hum. Quand on veut du souffle, nous préférons souffler dans un micro, c’est plus joli car plus vivant.

On nous demande parfois une réverb chaude. L’acte de réverbérer, créé une distance, éloigne l’objet de ceux qui n’en ont pas, ce qui peut être ressenti comme cool, jouissif, sexy et autres adjectifs. Il est possible lorsque l’on a trouvé la bonne réverbération que l’élément réverbéré crée une sensation nouvelle (souvent par le décalage de son énergie sur le rythme), que sa position par rapport aux autres prenne son sens. Mais il n’y a pas de chaleur véritablement.

Créer un projet musical